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Le véhicule Autonome selon Renault : Plaisir de conduire…

Mardi 13 mars, l’ESTACA a accueilli au sein de ses locaux Laurent TAUPIN, ingénieur en Chef Véhicule Autonome Renault et Virginie FLOTTE, Ingénieure Pilote Innovation et alumni Estacienne afin de présenter les dernières avancées technologiques sur le véhicule autonome selon la marque au losange.

Qu’est-ce qu’un véhicule autonome?

Le véhicule autonome. Qui aurait cru, il y a quelques années, le voir apparaître sur nos routes ? Et pourtant, il se peut que vous en croisiez un ! Certes, dans des conditions d’essais très réglementées, mais son apparition sur le marché automobile ne relève plus de la fiction.

Qui n’a pas encore entendu parler du mode “autopilot” de TESLA? Ou bien même, lu dans les actualités les avancées techniques de la compagnie Waymo (start-up crée par des anciens du projet Google car). On peut encore en parler des heures et des heures, mais à l’instar du véhicule électrique, la voiture hands off, eyes off, minds off est belle et bien au goût du jour chez les constructeurs automobiles.

Renault ne déroge ainsi pas à la règle en se lançant dans cette aventure avec son Concept-Car futuriste Symbioz, une voiture autonome qui se veut être une continuité de votre habitat, et vous permettre de ne jamais ressentir l’impression de quitter votre chez-soi lors de vos déplacements. En effet, l’objectif visée par Renault est clair : la voiture autonome de demain est une voiture dans laquelle vous serez “passager”. Votre voiture est « intelligente », c’est elle qui décidera de la conduite à adopter tout en analysant la situation environnante.

Aujourd’hui la SAE, Société des ingénieurs de l’automobile, a défini plusieurs niveaux pour classifier les différents véhicules autonomes. Du niveau 0 (la voiture manuelle) en passant par le niveau 2 (mode “hands off but eyes on the road”, comme l’autopilot de Tesla) au futuriste niveau 5 pour lequel le volant serait “optionnel”.

Actuellement Renault travaille sur les niveaux 3 et 4 tous deux en phases de tests et conceptions respectivement. Le niveau 3 qui consiste à une conduite “Hands off the wheel, eyes off the road – sometimes” permet au conducteur d’activer le mode autonome dans des situations bien définies : le véhicule peut alors suivre un itinéraire de manière autonome et même être amené à changer de voies. Le véhicule peut demander au conducteur de reprendre le contrôle lorsque la situation l’exige. De plus il réagirait de manière dynamique à de possibles incidents rencontrés sur la route. Toutefois, l’être humain est toujours considéré comme “Fallback” c’est-à-dire que c’est à lui de prendre les décisions en cas d’incident. En effet, le véhicule rétrocède directement le contrôle si la situation est anormale. Le conducteur est certes prévenu de la rétrocession par des notifications sonores progressives mais on peut se poser des questions quant à la fiabilité de l’humain confronté de manière spontané à des situations de dangers. Le niveau 3 nécessite donc d’être vigilant en permanence.

 

C’est pourquoi les constructeurs automobiles s’orientent de plus en plus vers le niveau 4 : “Hands, off, eyes off, mind off – sometimes”. En comparaison avec le niveau 3, le véhicule de niveau 4 ne nécessite pas de conducteur. En effet, le véhicule doit circuler sur tous types de routes dans toutes les situations. Face aux dangers, il doit être capable de prendre des décisions de manière autonome “Minimum Risk Manoeuver” et mettre les passagers en sécurité. Bien sûr le véhicule peut toujours demander l’assistance du “conducteur”.

Le véhicule de niveau 4 se rapprocherait donc du véritable véhicule autonome, avec la possibilité de laisser le conducteur et d’aller se garer tout seul. Le rêve !

Et le plaisir de conduire dans tout ça?

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Maintenant que vous savez en quoi consiste un véhicule autonome, vous vous demandez sûrement l’intérêt du titre de cette article “Le plaisir de conduire”. En effet, avec un véhicule autonome de niveau 4 (il faut bien distinguer les niveaux), le conducteur rejoint le rang des passagers. C’est alors qu’on peut se demander de manière légitime comment éprouver du plaisir à conduire un tel véhicule.

Renault répond à cette question par : “Le plaisir de conduire dépend de la situation où l’on conduit”, ainsi le conducteur peut décider dans quelle situation il activerait le mode pilotage automatique.

Imaginez-vous coincé(e) dans un trafic très dense. Ou, pourquoi pas, sur un long trajet limité à une vitesse bien précise. Ce sont des situations où parfois, la conduite peut s’avérer très pénible. Il suffirait donc d’activer le mode autopilot et, vous pourriez ainsi, vous reposer tranquillement en contemplant le paysage! Vous pourrez donc utiliser ce temps libre à vos souhaits. C’est ainsi que Renault voit son véhicule autonome : une valeur ajoutée conséquente quant au gain de temps gagné, et possiblement…moins de stress.

De plus, un aspect non négligeable est la sûreté proposée par le véhicule autonome.

En effet, avec sa surface imposante de capteurs, de types différents afin de se compenser et son supercalculateur intégré, le véhicule autonome est plus réactif que l’être humain, dont le temps de réaction peut varier suivant différents paramètres.

 

Les véhicules autonomes de Renault fonctionnent selon un schéma type : Détection-Compréhension-Décision-Action.

Afin d’assurer une sécurité optimale sur un tel type de véhicule, de nombreux capteurs à la pointe de la technologie sont nécessaires tels que des caméras à 180°, des scanners lasers longue portée, des caméras frontales (court, moyen, long), des radars d’angles et frontaux, et des capteurs ultrasons. Le véhicule possède ainsi un champ de vision de 360° sur son environnement. L’ensemble de ces données est alors transmis aux différents “cerveaux” du véhicule, qui après analyse, décideront du comportement à adopter. Ces véhicules sont bien évidemment testés sur un nombre important de kilomètres mais aussi testés en simulation à travers tout type de scénario. On parle alors de “Roulage intensif”.

L’objectif de Renault étant de créer une rupture avec le taux de mortalités sur les routes. De nos jours, un conducteur meurt sur les routes toutes les un million d’heures. En aéronautique, un passager meurt toutes les 1 milliard d’heures. Il s’agirait d’atteindre une statistique d’un mort sur route tous les 100 millions d’heures.

Le véhicule autonome serait donc très sûr, très intelligent, très intuitif et agréable à conduire.

Pour résumer le véhicule de demain, quoi de mieux qu’une citation :

“Notre objectif est de mettre à disposition de nos clients des modèles dotés d’une délégation de conduite autonome à partir de 2020. Cet équipement rendra la route plus sûre, plus agréable et permettra de redonner du temps libre au conducteur.”

LAURENT TAUPIN

Ingénieur en Chef – Véhicule autonome

 

Malgré les avancées technologiques, il reste encore légitime de se poser des questions quant à ce type de véhicule : dois-je craindre qu’une personne mal intentionnée puisse prendre le contrôle de mon véhicule ?

Une problématique à laquelle devra répondre les constructeurs, sans quoi, ils pourraient voir l’engouement pour le véhicule autonome s’estomper.

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