Drones Mavic pro_image de mise en avant de l'article sur Amazon par Junior ESTACA

Amazon et l’utilisation des drones de livraison

Lors de la conférence re:MARS à Las Vegas, Jeff Wilke, cadre chez Amazon, a annoncé que les drones seraient capables de voler jusqu’à 25 km de distance et de livrer des colis d’un poids inférieur à 2 kg en moins de 30 minutes. Si ce chargement semble léger, l’intervenant a assuré que 75 % à 90 % des commandes pourraient être prises en charge par un drone.

1. Un projet ambitieux

Les drones s’inscrivent dans la lignée d’Amazon visant à réduire les délais de livraison pour ses clients, parallèlement à la livraison en un jour ouvré déjà mise en place pour les membres Prime dans certains pays. Le design hybride des drones leur permettra de décoller et d’atterrir verticalement, mais également de voler horizontalement, à la manière d’un avion. Voyez ça de plus près :

Depuis l’annonce d’Amazon concernant son projet de livraison Prime aérienne en 2013, le groupe a déclaré avoir éliminé plus de 20 modèles de drones avant de trouver celui qui serait suffisamment silencieux et capable d’éviter les autres engins volants, les lignes à haute tension et la population au sol.

Image montrant un des drones de livraison du leader Amazon
Drones de livraison d'Amazon MK27

Voler jusqu’à 25 km de distance et livrer des colis dont le poids est inférieur à 2 kg en moins de 30 minutes.

Il y a quelques mois, la maison-mère de Google a devancé Amazon en lançant le premier drone de livraison en Australie. Elle est également devenue la première société à recevoir l’accord de la Fédéral Aviation Administration (FAA) afin de faire des livraisons commerciales aux États-Unis. Amazon n’a rien communiqué quant aux tests de livraison qui devaient être réalisés dans le pays. L’entreprise avait auparavant testé ses drones au Royaume-Uni. La FAA a déclaré qu’elle avait donné son accord à Amazon pour une durée d’un an renouvelable, à des fins de recherches et de tests uniquement, mais pas de livraisons.

2. Une option efficace sur le plan énergétique ?

Une étude conduite par l’université allemande Martin Luther conclut que les drones de livraison auraient une consommation d’énergie 10 fois supérieure à celle de camionnettes électriques dans les zones urbaines denses.

La pandémie de coronavirus et les mesures de confinement qui en découlent auront-elles servies de rampe de lancement au développement de la livraison par drone ? S’il est sans doute encore un trop tôt pour l’affirmer, une chose est sûre, la crise sanitaire a été l’occasion pour certains acteurs de ce marché de démontrer l’efficacité de leur solution. Ainsi Wing, filiale d’Alphabet qui opère un service de livraison par drones en Virginie et en Australie, a indiqué que son activité avait doublé depuis l’instauration du confinement. En début de semaine, UPS et CVS Health Corporation ont annoncé qu’ils allaient livrer par drone des médicaments aux résidents de The Villages, un lotissement sécurisé réservé aux retraités de plus de 55 ans.

Résultat, les simulations effectuées avec Berlin comme zone urbaine de référence ont révélé que les fourgons électriques sont de loin les plus efficaces d’un point de vue énergétique, suivi des fourgons diesel qui consomment cinq fois plus d’énergie dans les mêmes conditions et enfin des drones qui sont dix fois plus énergivores. 

Tableau explicitant la puissance requise pour différent moyen de livraison en fonction de la distance et du trafic.
Tableau explicitant la puissance requise pour différents moyens de livraison en fonction de la distance et du trafic et du nombre de livraison

Plusieurs facteurs expliquent ce classement. Tout d’abord, en ville, les conditions de circulation obligent à des arrêts et des redémarrages fréquents, ce qui avantage les véhicules électriques qui consomment moins d’énergie que les diesel dans ces circonstances. Un critère qui ne vaut bien sûr pas pour le drone qui doit en revanche composer avec les conditions atmosphériques, et en particulier le vent qui peut l’obliger à utiliser plus de puissance pour conserver sa trajectoire ou maintenir son vol stationnaire au moment de livrer le colis.

L’autre critère retenu par l’étude qui pénalise l’efficacité énergétique du drone est la densité de population. En ville, les camionnettes emportent des dizaines voire des centaines de colis, avec des points de chute souvent très proches les uns des autres, les itinéraires étant optimisés pour assurer le maximum de livraisons dans un temps donné. Dans ces conditions, le drone, qui ne peut emporter qu’un seul colis dont le poids ne peut pas dépasser quelques kilos, est comparativement bien plus énergivore.

Ce tableau recense la demande d’énergie totale en kWh classée selon les conditions de circulation (traffic congestion), le rayon de la zone de clientèle (customer radius) et le nombre de clients par arrêt (average number of customers/parcel per stop) avec des conditions de vent moyennes. Les carrés rouges figurent les drones de livraison, les verts les camionnettes diesel et les bleus les camionnettes électriques.

En revanche, l’étude fait clairement ressortir l’avantage des drones de livraison dans les zones rurales et à faible densité démographique. C’est d’ailleurs là que les premiers services disponibles se concentrent. Dès que la distance entre l’entrepôt et le client dépasse les 8 km et que les conditions de vent sont correctes, les coursiers volants font mieux que les fourgonnettes diesel s’il s’agit de livrer pas plus d’un client ou colis. Mais les camionnettes électriques demeurent toujours les championnes de l’efficacité énergétique.

Circulation urbaine

Fourgon électrique (25kW/h)
0%
Fourgon diesel (50kW/h)
0%
Drone de livraison (125 kW/h)
0%

Circulation rurale

Fourgon électrique (100kW/h)
0%
Drone de livraison (200 kW/h)
0%
Fourgon diesel (250kW/h)
0%

3. Une solution d’avenir encore loin d’être au point

Si on a pu voir de très nombreux acteurs se lancer dans la livraison par drone, on observe que ce projet n’est encore qu’en phase de test et une généralisation du service de livraison par drone n’est pas à prévoir pour tout de suite. Néanmoins, au-delà du défi technologique, on remarque que les drones ne sont pas toujours la meilleure solution. S’agit-il simplement d’une mode ? Peut-être pas, en effet, on peut voir que dans les zones rurales ou encore dans certains pays d’Afrique la livraison par drone permet de désenclaver les populations. A l’inverse dans les zones urbaines, d’autres moyens restent beaucoup plus efficaces. On peut donc s’attendre à une ouverture de ce service de livraison prochainement mais plutôt adapté aux zones dans lesquelles il serait efficace.

Auteur : Arthur Fol, chargé d’affaires chez Junior ESTACA Paris-Saclay

Junior ESTACA Paris Saclay

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