EN avant de l'article sur Alstom-Bombardier la fusion

Alstom Bombardier révolution du monde ferroviaire ?

Présentation

Bombardier transport est la division ferroviaire de la multinationale canadienne Bombardier Inc. connue mondialement pour sa filière aéronautique (avions régionaux, avions d’affaires). Si la division ferroviaire est moins connue du grand public, elle gagne en renommée dans nos modes de transports, notamment dans le paysage ferroviaire français, à travers des produits phares comme le Regio2N (train assurant le service de nombreuses lignes de TER) ou les Z50000/Franciliens/NAT (nouvelle automotrice transilien qui sont les nouvelles rames du réseau transilien d’Ile de France). Dans cet article, toute mention de Bombardier fait donc référence à Bombardier Transport, division ferroviaire de Bombardier Inc.

z50000_Bombardier_article sur Alstom_Bombardier JEPS
z50000 de Bombardier sous la livrée Transilien
Regio2N sous la livrée Ile-de-France mobilité proposé par Bombardier_Article JEPS
Train Regio2N de Bombardier sous la livrée Ile de France mobilité

Alstom, entreprise Française mondialement connue pour avoir développé le TGV, est donc une entreprise spécialisée dans le secteur des transports ferroviaires (Tramways, métros et trains). En plus du TGV, Alstom a produit ou produit une bonne partie des rames de métro et de tramway en France. À l’international, elle exporte son savoir-faire que ce soit en fournissant du matériel ferroviaire à grande vitesse, ou bien elle gère ou construit des réseaux ferrés comme en Australie. Enfin, Alstom a établi avec la SNCF en 2007, le record du monde de vitesse sur rail.

1. L’avant Alstom-Bombardier

Avant le rachat de Bombardier par Alstom en 2020, Alstom (troisième constructeur ferroviaire mondial) voulait fusionner avec Siemens Mobility (deuxième constructeur ferroviaire mondial), la division ferroviaire de Siemens. Cette fusion avait pour but de créer un géant européen dans le domaine, un « airbus du ferroviaire » pour concurrencer le constructeur chinois CRRC (premier constructeur ferroviaire mondial). En effet, le constructeur chinois produit des équipements ferroviaires pour la Chine, qui possède le deuxième plus grand réseau ferroviaire du monde. De plus, CRRC remporte aussi de nombreux projets en Afrique et en Asie qui lui permettent de considérablement augmenter son chiffre d’affaires.

Cependant cette volonté de concurrencer le premier constructeur ferroviaire mondial s’est brutalement arrêtée lorsque la Commission européenne a rejeté cette fusion sous la houlette de la commissaire chargée de la Concurrence Margrethe Vestager. En effet, Alstom et Siemens étant dominants en Europe dans le domaine des trains à grande vitesse et de la signalisation ferroviaire, la commissaire craignait que la position dominante issue de la fusion limite la concurrence. Cependant, ce rejet n’a pas eu de grande répercussion sur les 2 entreprises car ces dernières ont un carnet de commande chargé (exemple : 43 milliards d’euros pour Alstom) et se portent bien financièrement.

2. Le rachat de bombardier par Alstom

L’entreprise mère de Bombardier transport, Bombardier Inc. était en difficulté financière, elle a notamment dû vendre une partie de ses activités aéronautiques (Par exemple : sa série C Series vendue à Airbus en 2017 qui deviendra l’Airbus A220). Bombardier Inc. recherchait donc un repreneur pour sa division ferroviaire. C’est ainsi qu’Alstom a annoncé en février 2020 que suite à de nombreuses négociations avec Bombardier Inc. et la caisse de dépôt et placement du Québec l’acquisition de Bombardier Transport. Cette fusion permettra au constructeur ferroviaire français d’augmenter considérablement son carnet de commandes (passer de 43 milliard d’euros à environ 75 milliards d’euros), ainsi que son chiffre d’affaire. Enfin, l’entreprise française pourra être plus présent sur les marchés internationaux notamment en Asie et en Afrique. En échange, Alstom devra redresser les activités de Bombardier Transport qui est actuellement en difficulté financière comme l’a déclaré Henri Poupart-

Lafarge, Président du Conseil d’administration et Directeur Général d’Alstom :

« Je suis très fier d’annoncer l’acquisition de Bombardier Transport, qui représente une opportunité unique de renforcer notre [Alstom] position mondiale sur le marché en forte croissance de la mobilité. Cette acquisition renforcera notre présence internationale […] nous sommes profondément engagés à poursuivre l’accélération du redressement des activités de Bombardier Transport […] »

Bombardier avait aussi proposé une fusion au conglomérat Industriel japonais Hitachi mais Alstom était un meilleur candidat à la fusion mais aussi plus enclin à propos de cette fusion étant donné que Bombardier possède plusieurs usines en Europe dont une usine en France à Crespin. De plus, Bombardier possède des grosses parts de marchés en Europe et en France dont des consortiums avec l’entreprise Française sur certains appels d’offres.

Voici l’exemple d’un projet du consortium Alstom-Bombardier : le RER NG

3. La suite

Actuellement, cette acquisition n’est pas encore totalement effective, même si elle a été pleinement validée par les 2 entreprises et par la caisse de dépôt et placement du Québec, elle doit encore avoir l’autorisation des autorités de régulation et des autorités de la concurrence concernée, cette autorisation est attendue pour le 1er Semestre 2021. Pour ce cas la situation est différente, Alstom ayant pris ses précautions, en ayant prévenu la commission européenne et analysé les points forts de Bombardier et d’Alstom qui sont différents. Cette fusion ne créera pas de « challenger », ce que Margrethe Vestager souhaite éviter selon ses dires :

« La vraie question est de savoir si de telles fusions peuvent aboutir à l’absence de challenger, et la réponse est clairement non. C’est la ligne rouge. »

En effet, Bombardier n’étant pas aussi dominant que Siemens dans le domaine de la grande vitesse et encore plus dans le domaine des signalisations ferroviaire, le cas est différent dans cette acquisition de Bombardier par Alstom. Les deux entités n’attendent donc plus que la réponse des autorités concernées.

Enfin cette fusion va surtout permettre à la nouvelle entité de développer une offre plus complète avec des ressources en R&D et en ingénierie élargies. La nouvelle entité va avoir une présence industrielle plus importante à l’international et avoir plus de poids dans les contrats et appels d’offres internationaux. D’un autre côté cette fusion va permettre un redressement efficace de Bombardier par un transfert de connaissances de de bonnes pratiques de la part d’Alstom.

Pour conclure, cette fusion Alstom-Bombardier est une grande opportunité pour le ferroviaire européen, mais ne va pas créer de révolution dans le monde ferroviaire. Cette fusion devrait être bénéfique pour les deux entreprises, et induire tout de même quelques changements dans le paysage ferroviaire. Actuellement (Avril 2020) la fusion n’est pas encore totalement effective, c’est l’avenir qui nous montrera les conséquences de cette fusion.

Que peuvent faire les Juniors suite à cette fusion ?

Logo Couleur Junior entreprise ingénieure Junior ESTACA Paris Saclay 2019

Qu’est-ce qu’une junior entreprise ?

C’est une association fonctionnant sur le même principe qu’un cabinet de conseil. Dans le cas de Junior ESTACA Paris-Saclay, nous fonctionnons de la même manière qu’un cabinet en ingénierie.

En effet, nous proposons différentes offres de prestations dans le domaine des transports qui est la spécialité de notre école : l’ESTACA. Nous avons déjà réalisé de nombreuses études avec de grandes entreprises du secteur ferroviaire comme Alstom, la SNCF, ou encore la RATP. Vous pouvez dès à présent télécharger notre plaquette ou demander un devis.

Auteur : Frédéric Jin, vice Trésorier chez Junior ESTACA Paris-Saclay.

Junior ESTACA Paris Saclay